Skip to content

Ni Dieu, ni Gène, ni lutte des classes !

12 janvier 2013

Contrairement à ce que l’on a longtemps cru, la fabrication de l’être humain à partir de l’œuf (ontogénèse) ne se fait pas selon un plan rigoureux, prévu par l’organisation des gènes dans l’espèce (phylogénèse) mais par suite de milliards de sélections darwiniennes portant sur les molécules et les cellules, répondant au hasard, et dont seule l’approche statistique à grande échelle peut nous donner une image d’homogénéité. C’est une véritable compétition pour les ressources extérieures qui structurerait les populations cellulaires, et non le programme génétique, comme les écosystèmes se structurent autour des chaînes alimentaires.

L’idée est que nul Dieu, nulle finalité, nulle forme préétablie ne guide le processus de réplication, sélection, amplification. Celui-ci se fait au hasard, et ne réussit qu’aux réplicateurs (entité capable de se reproduire à l’identique) capables de trouver des sources de nutriments plus abondantes ou nouvelles, par rapport à ce que trouvent leurs concurrents. Ce processus est appelé « hasard-sélection ».
Les cellules vont là où elles sont le mieux à mêmes de trouver des sources de nourriture, provenant de l’extérieur ou provenant de l’activité des autres cellules composant le biotope. Jean-Jacques Kupiec et Pierre Sonigo – « Ni Dieu ni Gène »

L’individu humain ou l’espèce humaine, comme tous les êtres vivants d’ailleurs, ne sont que des assemblées de cellules momentanément unies par des intérêts égoïstes.

Il n’y a finalement pas de véritables différences, sur le plan des mécanismes reproductifs et de sélection, entre une forêt, un homme, un virus et une protéine.

Heureusement chez l’Homme civilisé s’établit une rupture dans le processus de lutte pour la survie, fondée sur l’élimination des faibles : « Nous autres hommes civilisés, au contraire, faisons tout notre possible pour mettre un frein au processus de l’élimination ; nous construisons des asiles pour les idiots, les estropiés et les malades ; nous instituons des lois sur les pauvres ; et nos médecins déploient toute leur habileté pour conserver la vie de chacun jusqu’au dernier moment. Il y a tout lieu de croire que la vaccination a préservé des milliers d’individus qui, à cause d’une faible constitution, auraient autrefois succombé à la variole. Ainsi, les membres faibles des sociétés civilisées propagent leur nature. » C.Darwin.

Darwin conclut alors par l’hypothèse d’une forme d’extraction de la nature humaine de la loi de la sélection naturelle, sans pourtant contrevenir à son principe originel, à travers le processus de civilisation, fondé sur l’éducation, la raison, la religion et la loi morale.

Qu’est ce qu’une classe, maintenant ? C’est un ensemble d’êtres ou d’objets réunis en raison des traits qui leur sont communs.

Une classe sociale est donc un sous ensemble de la société fondée sur des considérations d’ordre économique ou culturel et tendant à grouper les individus selon leur profession, leur niveau de vie, leurs intérêts communs, leur idéologie.

La lutte des classes n’est rien d’autre que ce processus, des enjeux et des tensions dans une société (divisée en classes sociales), chacune luttant pour sa situation sociale et économique à travers l’accès aux ressources (l’argent étant dans les sociétés modernes « La ressource », permettant l’accès aux ressources nécessaires pour vivre). Elle s’inscrit dans ce mouvement du darwinisme étendu (généralisation de la théorie de l’évolution qui s’observe dans des domaines aussi variés que ceux de l’intelligence artificielle, des neurosciences, de la systémique, la psychologie, ou la sociologie).

Car c’est un fait établi, il existe bien entre les organismes vivants une lutte pour la vie, une lutte pour la nourriture, l’espace, la lumière, etc… bref une lutte pour les ressources.

Et quoi qu’en disent certains, l’individu moderne n’y échappe pas, car ceci est inscrit dans le principe même de la vie.

Et nier l’existence même de cette lutte des classes à l’œuvre dans toute société, n’est pas anodin ! Ça signifie au minimum, que l’on considère les syndicats totalement inutiles (cocasse pour un ministre socialiste !). Un syndicat n’est autre qu’un groupement de personnes physiques ou morales ayant pour but d’« assurer la défense des intérêts matériels et moraux de ses membres ». Pas de lutte des classes, pas de conflit pour l’accès aux ressources entre les différents groupes composants la société, donc pas besoin de syndicats ! Tout le monde est satisfait de sa situation, et plus particulièrement les plus pauvres qui ne désirent pas changer de statut, ni pour eux, ni pour leur descendance ! Waldeck-Rousseau doit se retourner dans sa tombe !

Nier la lutte des classes signifie également  une conception de la société proche de celle de l’ancienne noblesse endogame et héréditaire (ou système des castes en Inde) où chacun se résigne à sa condition de naissance et où les plus mal lotis ne luttent pas pour s’en extraire (là encore, drôlement cocasse pour un ministre socialiste !).

Et bien non, Monsieur le ministre « socialiste », la lutte des classes existe et existera toujours et la grandeur et la noblesse de la Politique, n’est certainement pas de le nier, mais de lutter pour plus d’égalité et de justice sociale entre les hommes et les femmes ! Sinon, comment lutter contre quelque chose dont on pense que ça n’existe même pas ! Pauvre PS….

Publicités

From → Politique

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :