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A toutes et tous mes Ami(e)s de Gauche.

J’ai choisi de rejoindre Alain Juppé parceque j’ai confiance en lui, social démocrate dans l’âme (pour les sceptiques, lire : « La politique, telle qu’elle meurt de ne pas être » de Alain Juppe et Michel Rocard), confiance en son écoute des différentes sensibilités de ses colistiers (dont la mienne et plusieurs autres, centre-gauche), et en sa capacité à mener la nécessaire transition sociale-écologique pour notre cité, action la plus importante pour moi à mener et qui garantira dans l’avenir à la fois : les libertés individuelles, la justice sociale, la lutte contre les inégalités et l’épanouissement de chacun, dans le respect de notre environnement.

Je comprends que certaines et certains, doutent de cela et ne puissent voter pour A. Juppé, préférant voter pour une liste de gauche.

Je respecte profondément et viscéralement, celles et ceux, engagés en politique, à gauche, qui n’ont de cesse de défendre les plus faibles dominés face aux puissants dominants. Dans ce cas j’en appelle à votre vigilance, et vous demande de ne pas vous tromper de vote.

Le PS a trahi ses millions d’électeurs. Les choix en matière économique, sur la nécessaire et urgente transition écologique et énergétique, mais aussi sur la moralisation de la vie politique et en particulier sur le cumul des mandats, sont indignes d’une force politique se définissant à gauche. Qu’un gouvernement de droite applique la politique actuelle, c’est normal, c’est attendu, on aime ou on n’aime pas, mais il n’y a ni mensonge, ni trahison des idéaux. Mais qu’un gouvernement élu avec une étiquette de gauche applique cette politique là, c’est tout simplement la plus grande trahison et la plus grande imposture de tous les temps !

Cette trahison des idéaux et cet immense espoir déçu de millions de personnes me choque et m’attriste profondément. Que le PS, fasse son aggiornamento et dise la vérité : à savoir qu’ils ne sont plus de gauche ! Car, en soit ce n’est pas si grave qu’ils ne soient plus de gauche, ce qui est gravissime c’est CE MENSONGE et ce détournement des voix de gauche.

C’est pourquoi, mes camarades, je vous invite à voter dans ce cas pour la vraie candidature de gauche, portée à Bordeaux par Mr V.Maurin, avec lequel, nous pourrons avoir, il me semble un vrai échange d’idées et un dialogue constructif, pour faire avancer la transition sociale-écologique de Bordeaux.

Alain Silvestre (colistier d’A.Juppé)

Non Mr Feltesse, il n’y a pas le camp des bons contre celui des méchants !

Chaque fois que Mr Feltesse prononce le mot « droite », cela résonne comme un gros mot dans sa bouche, tant le ton est méprisant !

Bien que n’appartenant pas à cette « catégorie politique », la mienne étant clairement « centre gauche », ce sectarisme et ces invectives permanentes me choquent profondément et dénotent un profond mépris et une réelle intolérance de ce camp, pour celles et ceux qui portent une vision différente de ce que devrait être une société idéale. Pourtant, cette droite là, incarnée par Alain Juppé, est beaucoup moins sectaire et beaucoup plus moderne et social-démocrate (pour les sceptiques, lire : « La politique, telle qu’elle meurt de ne pas être » de Alain Juppe et Michel Rocard), que ce vieux camp Solférinien auquel appartient Mr Feltesse et ses principaux colistier(e)s.

Contrairement à Mr Feltesse, nous pensons :

– qu’il vaut mieux construire des ponts que creuser des fossés,

– que « C’est de la pluralité que résultera la bonne décision » (Montesquieu),

– que nos différences font notre richesse,

– que « Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis.  » Antoine de Saint-Exupéry

– et que « On ne devrait pas honorer seulement sa propre religion et condamner les religions des autres, mais on devrait honorer les religions des autres pour cette raison-ci ou pour cette raison-là. En agissant ainsi on aide à grandir sa propre religion et on rend aussi service à celles des autres. En agissant autrement, on creuse la tombe de sa propre religion et on fait aussi du mal aux religions des autres. Quiconque honore sa propre religion et condamne les religions des autres, le fait bien entendu par dévotion à sa propre religion, en pensant « je glorifierai ma propre religion ». Mais, au contraire, en agissant ainsi, il nuit gravement à sa propre religion. Ainsi la concorde est bonne : que tous écoutent et veuillent bien écouter les doctrines des autres religions.» IIIe siècle avant J.-C., le grand empereur bouddhiste de l’Inde, Asoka.

Alain Silvestre (colistier d’Alain Juppé)

Pourquoi j’ai choisi de soutenir et de rejoindre Alain Juppé ?

Mieux vaut construire des ponts que creuser des fossés… 

Beaucoup d’entre vous savent combien je réprouve totalement la vision manichéenne de la politique qui enferme les gens dans 2 seules cases : la droite ou la gauche. Je pense que cette simplification est très dangereuse et bien loin des réalités humaines, beaucoup plus subtiles et complexes que cette vision binaire. Pour  agir dans le sens de l’intérêt général, but ultime de la Politique, nous nous devons d’affronter les contradictions du réel en garantissant à la fois les libertés individuelles, la justice sociale, la lutte contre les inégalités et l’épanouissement de chacun, dans le respect de notre environnement. « C’est de la pluralité que résultera la bonne décision » (Montesquieu).

J’ai  donc choisi de rejoindre Alain Juppé parceque j’ai confiance en lui, social démocrate dans l’âme (pour les sceptiques, lire : « La politique, telle qu’elle meurt de ne pas être » de Alain Juppe et Michel Rocard), confiance en son écoute des différentes sensibilités de ses colistiers (dont la mienne très orange-vert), et en sa capacité à mener la nécessaire transition écologique pour notre cité.
Cette confiance ne s’est jamais démentie avec l’association Bordeaux 5 de Coeur que je préside depuis 5 ans : Jardins partagés Villa Pia, Réseau d’entraide aux personnes isolées, Boites à Lire, Mise en place de circuits courts AMAP et « La ruche qui dit oui », Programme de végétalisation des rues, Web magazine de quartier « les actus de la tortue », Bourses aux vêtements d’enfants…

Enfin Alain Juppé incarne ma conviction d’avenir.  Les prix du pétrole et des énergies carbonées vont s’envoler. L’urgente anticipation de cet état de fait impose une démarche de résilience pour surmonter ce choc énergétique et en atténuer les conséquences sociales désastreuses notamment chez les plus précaires. Ce d’autant que dans une ville, une «basse consommation énergétique» favorise la «haute qualité de vie». Donc, l’idée que je défends avec mes camarades colistiers issues du Mouvement Démocrate, est : « mieux vivre en dépensant moins  » ici et maintenant à Bordeaux, pour faire de Bordeaux un territoire plus économe des ressources, une ville plus riche et plus agréable à vivre avec une meilleure cohésion sociale. Une ville plus autonome,  en relocalisant un maximum les besoins de la communauté, qui privilégie l’économie sociale et solidaire, l’économie circulaire et l’économie de fonctionnalité. Une cité qui comprend que ces changements sont nécessaires, désirables et porteurs de bien-être.

A cette politique durable, il est essentiel d’adjoindre une nouvelle gouvernance fondée sur une démocratie délibérative avec la participation de tous les acteurs concernés par les projets locaux.
Toute action sociale, économique et écologique pourra ainsi être mise en cohérence, nourrir cet arbre du développement durable et donner sens à l’action politique.
Je crois à l’éco-développement de la métropole qui préserve le lien humain et l’environnement et développe les solidarités. J’appelle à passer de la théorie à la pratique avec un ensemble de mesures dont le but sera de créer des emplois non délocalisables, d’assurer une meilleure sécurité alimentaire, de diminuer la dépendance énergétique à l’énergie nucléaire et aux énergies fossiles tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et en préservant les ressources naturelles et notre environnement.

Cette exigence est la mienne. Si je suis élu, je serai, aux côtés d’Alain Juppé, l’infatigable défenseur de l’Ecologie sociale à Bordeaux. Comptez sur moi !

Alain Silvestre

De la parole en politique : que peut on en dire ?

La parole, composante entrelacée du langage consiste en l’utilisation de la langue. Mais c’est une utilisation personnelle, individuelle (et pas forcément vocale : langage des signes chez le sourd-muet.)

La langue et le langage sont les conditions de possibilité de la parole. La langue est ce qui est collectif, c’est la partie sociale du langage, elle est extérieure à l’individu. C’est une sorte de contrat passé entre les membres de la communauté, un système de signes et de communication conventionnel particulier. Toutes les langues sont symboliques, c’est-à-dire que le signe contient l’image de la chose qu’il désigne.

Le langage permet de  s’exprimer et de communiquer. C’est un moyen de communication purement humain,  non instinctif, pour exprimer ses idées,  ses émotions, et ses désirs, par l’intermédiaire d’un système de symboles créés à cet effet. Le monde humain contrairement aux animaux n’est plus un monde de sensations et de réactions, mais un univers de désignations, d’idées et de concepts.

Dans le langage le signe est purement arbitraire. Il n’y a pas de rapports naturels entre le signifiant (mot) et le signifié (chose) dans la réalité. Le problème de l’arbitraire du signe fut déjà abordé par Platon dans son dialogue Le cratyle : cratyle pense que le monde représente justement l’objet (Lettres dures pour un objet dur…) alors qu’Hermogene pense le contraire : le mot est pure convention (arbitraire), et c’est lui qui a raison.

Le langage ne renvoie pas directement à la réalité. Ce qui est signifié, ce n’est pas une chose mais un concept, par lequel le locuteur se représente la chose, c’est la façon dont on pense le monde et non le monde.

Le langage est d’origine sociale : c’est la société qui a découpé le réel selon ses besoins.

Les mots ne correspondent pas à la réalité mais seulement à la façon dont nous avons découpé les choses. Ceci est différent selon les sociétés et leur culture (européen – chinois – Indous…)

Dans les mots se trouve toute une vision du monde, une certaine façon de le penser, celle de la société dans laquelle on vit. Le langage transporte avec lui les valeurs d’une civilisation. Il est porteur d’une représentation du monde et ne peut pas être séparé des mœurs, c’est-à-dire qu’il est lié à l’assemblage de coutumes et de croyances qui est un héritage social et qui détermine la trace de nos existences. Il est comme un vêtement invisible qui entoure notre pensée et donne une forme précise à sa représentation symbolique.

Mais chez Bergson le langage est un obstacle à la pensée.

Il appauvri la pensée (mur du langage) : je n’arrive pas à dire ce que je pense.

Les mots sont trop larges pour une réalité qui n’est que particulière, ils ne désignent que ce qui est commun et ignorent les différences individuelles (# poésie).

Des la naissance l’enfant est immergé dans un bain langagier.

Le champ verbal où cette graine va germer et où elle va mûrir, définira une bonne partie de sa personnalité.

Nous sommes humains parce qu’on nous parle et parce que nous parlons et non l’inverse.

La parole est la fabrique de l’humain. C’est une fonction acquise, une fonction de culture.

Nous sommes tissés de parole et chaque homme est un passeur de mots.

En effet, tout langage est d’abord reçu. Aucun homme n’a jamais inventé le langage. Avant de prendre la parole, il faut l’avoir reçue toute faite.

Et c’est sans doute pour l’avoir senti que la sagesse millénaire réservait à dieu le privilège de cette création, que le christianisme est la religion du logos.

Le logos signifie tout à la fois la parole, le verbe, l’argument, le discours, la raison, la science, le principe organisateur du monde.

Évangile selon saint Jean chapitre un :

Au commencement était la parole et la parole était avec Dieu et la parole était Dieu.

Toutes choses ont été faites par elle… Et la parole a été faite chair.

Le logos chrétien c’est la parole vivante et créatrice de Yavhe dans l’Ancien Testament.

La première parole est la parole de Dieu créatrice de l’univers : Fiat lux. Dieu crée les choses en les nommant.

Merleau-Ponty  dans phénoménologie de la perception montre que la parole et la pensée sont enveloppées l’une dans l’autre, que le sens est pris dans la parole et la parole dans l’existence extérieure du sens. Qu’il y a la parole parlée et la parole parlante

La parole parlée est antérieure à la parole parlante, c’est-à-dire que mes paroles prennent corps dans un monde où le langage est déjà à l’œuvre, où le sens a déjà une présence incarné et où mon acte d’expression n’est là que pour reprendre le sens tacite immanent qui gît dans le monde des paroles produites par l’autre. Dans l’ordre du sens, la parole (au sens de l’expression) est antérieure à la signification.

En ce sens, la parole dépasse le langage comme moyen d’expression. C’est un phénomène complexe.

On peut ainsi considérer que la parole est plus un geste (mouvement du corps) qu’un simple signe auditif. Qu’elle est : et langage du corps de l’ordre du visible : et langage articulé de l’ordre de l’audible. Si bien qu’un même mot peut prendre des sens différent du fait des conditions physiques de la parole.

Par exemple, une altération de la voix suffit à modifier le sens du discours, c’est bien que le corps participe du sens en tant que geste. Et dès lors, le sens n’est pas constitué dans la conscience, et encore moins dans l’entendement. Il est institué dans le corps et par lui. Le sens est pris dans la parole : il fait matière avec, comme le python est pris dans le béton.

Cela veut dire aussi que le corps n’est pas une simple matière, mais qu’il est aussi l’expression de cette conscience.

Dire que la parole est un geste, c’est donc aussi reconnaître que le sens n’est jamais là comme objet.

Les mots sont déjà là avant même que j’apprenne à parler, ce qui signifie que ma conscience émerge dans un monde où la signification c’est d’abord la parole des autres.

Et parler s’apprend justement de façon différente selon le milieu socioculturel.

L’homme interpose entre Le Monde et lui le réseau des mots, qu’il a reçu de son éducation et de son parcours de vie.

Mais l’homme ne parle pas seul. Sa parole s’inscrit le plus souvent dans un dialogue.

Grâce au dialogue, l’âme  des autres pénètrent dans la nôtre par interstice, comme le peigne enfonce ses dents aux remous d’une chevelure en désordre. Eugenio D’ors, au Grand St Christophe, philosophe catalan du début XX° s.

Bien souvent, la plupart des hommes échangent leurs propos sans jamais dialoguer

Les lieux communs composent leurs idées et leurs préjugés régnant dans leur petit cercle social qui leur tiennent lieu de valeur.

Le problème est que le sens commun émousse le sens propre des mots. Les mots de chacun deviennent les mots de tous en perdant leurs intentions en se dégradant progressivement. La singularité des choses nous est cachée par la généralité des mots. (Problème des nuances)

L’homme parle le monde, interprète le monde avec ses mots et ma parole s’adresse à un autre.

On peut considérer que : Le Moi – Le Monde – l’Autre – forment le triangle de la Parole

Et cette parole est comme un trait d’union, une relation de moi à autrui. Vivante de l’un à l’autre, elle passe entre nous et se transforme de nous voir traversés.

Elle est faite d’expression et de communication.

Mais il y a une double polarité de l’expression et de la communication qui correspond à l’opposition entre la première personne et la troisième personne, entre la subjectivité individuelle et l’objectivité du sens commun.

Cette dualité déchire l’usage de la parole humaine : si je veux être compris de tous, je dois employer le langage de tout le monde, et donc renoncer à ce qui m’est propre, et me différencie de tout le monde.

En fait plus je communique et moins je m’exprime et réciproquement.

L’expression pure, dégagée de toute communication, demeure une fiction, car toute parole implique la visée d’autrui et inversement, l’idée d’une communication pure sans expression n’a pas de sens, parce que mon langage ne saurait être absolument désapproprié.

Il faut donc admettre l’existence d’une alliance intime entre communication et expression.

Pour communiquer l’homme s’exprime, c’est-à-dire qu’il produit sa propre substance, un peu comme un fruit qu’on presse pour en exprimer le jus.

Parler, c’est comme s’écarter  de soi pour se confondre avec autrui.

Mais, il est  une autre dimension de toute expression verbale importante à considérer : c’est le moment de la parole.

Chaque parole est à sa manière une parole de circonstance, chaque mot est un mot historique.

Chaque parole est vraie dans une situation particulière, un moment donné. Elle est unique, ne survient qu’une fois dans une circonstance particulière.

Ce qui fait appel à la notion de discours : où le mot, la phrase ne prend toute sa signification qu’en tenant compte des circonstances de la prise de parole, et nous rencontrons là, le problème de la parole sortie du contexte, à qui on peut faire dire l’inverse de son sens initial, très usitée dans les médias…

Mais La parole est avant tout un acte.

Pour Austin dans les pouvoirs de la parole et les aspects performatifs du langage : Dire revient souvent (sinon toujours) à agir. La parole humaine est toujours un acte. L’exemple de Rosa Parks en 1955, est à ce propos édifiant : En refusant de se lever, elle dit un simple non, ne fait rien… mais ça change la face du monde.

La parole représente donc un pouvoir, un moyen pour le sujet d’influencer autrui et de transformer le monde. André Malraux disait l’homme est la somme de ses actes… nous pouvons rajouter …et de ses paroles. Il incombe en effet, au sujet parlant une responsabilité de ses paroles aussi grande que  de ses actes !

Les mots sont comme des cailloux qu’on jette dans un bassin, même le plus petit d’entre eux provoque un frémissement à la surface de l’eau et ébranle tout le bassin.

Il existe une véritable interaction verbale entre moi et autrui.

Ceci est tellement vrai que la parole peut être utilisée comme arme de manipulation selon des formats pervers, qui incluent : le double-langage, les injonctions paradoxales, et l’utilisation abusive, ambiguë et presque systématisée de l’antiphrase.

L’injonction paradoxale est la parole pathogène agissante la plus délétère sur le développement de l’enfant. Elle a été bien mise en évidence par l’école de  Palo Alto qui a montré qu’elle pourrait être à l’origine de certaine forme de schizophrénie. Une injonction paradoxale appelée aussi double contrainte désigne deux obligations qui se contrarient en s’interdisant mutuellement, augmentées d’une troisième qui empêche l’individu de sortir de cette situation : exemple de la mère, qui dit à son fils : « Je t’aime, vient faire un câlin ? » et qui se raidit et se recule quand celui-ci approche. L’enfant est alors soumis à un message véhiculant deux informations contradictoires : un message verbal qui dit « je t’aime » contraire au message corporel disant « je ne t’aime pas »,  le mettant ainsi en situation inextricable et pathogène

Les psychanalystes connaissent bien ce pouvoir de la parole et l’utilisent comme thérapie : En traitant les maux avec les mots !

Dans le champ analytique, le langage du patient se présente comme minerais brut dont il s’agit d’extraire le métal pur et de rejeter les scories. Il s’agit par la parole d’accoucher le malade de la vérité qui porte et dont il ne peut se délivrer. Pour Lacan l’inconscient est structuré comme un langage. Pour le patient ne pas écouter son inconscient ne pardonne pas. Et à ceux qui refoulent sa parole, il fait parler le corps et l’esprit par les pires et les  plus douloureux symptômes. Le psychanalyste en écoutant ce que la patient  mi- dit et donc aussi ce qu’il tait, en dépassant le sens manifeste du discours en y intégrant tout ce qui constitue la parole de cet inconscient : Poids des silences, inflexions de la voix, lapsus… saura faire parler ce refoulé et conduira le patient vers la guérison. Remarquons ici ce que nous connaissons bien en loge : qu’en la parole est aussi le silence qui la rythme. Et en ce sens le silence est aussi parole.

Lacan forme d’ailleurs la notion de parlêtre pour situer l’être même de l’homme dans la parole.

L’être humain est un être de parole un parlêtre. Le parlêtre ne parle jamais qu’à l’autre. C’est la façon dont l’autre peut nous entendre qui détermine en amont notre façon de parler. Ce qui importe au sujet ce n’est pas tant ce qu’il dit, que ce qu’il veut dire à l’autre. Mais il existe un véritable écart entre ce que l’homme veut dire et ce qu’il dit vraiment.

Le sujet est  malentendu parce qu’il est condamné à maldire : derrière ce qui se dit, dans ce qui s’entend. « Le fondement même du discours inter humain est le malentendu  » : l’exploit de la psychanalyse c’est justement d’exploiter ce malentendu.

Finalement c’est parce qu’il nomme l’objet que le sujet le manque nécessairement.

En parlant nous manquons une partie de la cible que nous voulons désigner, car les mots nous manquent pour tout dire de la cible

Le discours est donc troué de manque et on essaye de colmater par des mots les coupures du réel. Et ce n’est pas seulement la censure d’un désir mais la structure même du langage qui nous empêche de parler clairement.

Enfin,  parfois nous nous trouvons face à l’ineffable, l’inénarrable : « de la mort on ne peut rien en dire on tourne autour » disait Jankélévitch. Pour Jean-Paul Sartre dans la nausée : l’indicible est quand les mots s’épuisent face au réel. Un bon exemple du mur du langage est la quasi impossibilité de définir (de parler) le temps. Saint-Augustin disait à ce propos : « si on ne me demande pas ce qu’est le temps je le sais, par contre que je veuille l’expliquer à la demande et je ne le sais plus. »

« …comme si la plénitude de l’âme ne débordait pas quelquefois par les métaphores les plus vides, puisque personne, jamais, ne peut donner l’exacte mesure de ses besoins, ni de ses conceptions, ni de ses douleurs, et que la parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles. « 

Le politique doit donc être conscient de tout ceci pour ne pas devenir un simple communiquant ou un simple bavard, mais un sujet parlant lucide de la puissance et de la portée de ses mots !

Et je terminerais en citant Cyrano de Bergerac : « il y a beaucoup de gens dont la facilité de parler ne vient que de l’impuissance de se taire. »

Article 123 du Traité de Lisbonne

Affaire pompidou rothschild

Ceci éclaire particulièrement mon article sur : https://alainsilvestre.wordpress.com/2012/06/21/largent-doit-redevenir-un-bien-public/

et plus particulièrement : l’article 123 du Traité de Lisbonne qui est repris de l’article 25 de la loi n°73-7 du 3 janvier 1973 (communément appelée Loi Pompidou-Giscard-Rothschild) et interdit à l’Etat d’emprunter directement auprès de la Banque de France (Banque centrale publique française).

Ni Dieu, ni Gène, ni lutte des classes !

Contrairement à ce que l’on a longtemps cru, la fabrication de l’être humain à partir de l’œuf (ontogénèse) ne se fait pas selon un plan rigoureux, prévu par l’organisation des gènes dans l’espèce (phylogénèse) mais par suite de milliards de sélections darwiniennes portant sur les molécules et les cellules, répondant au hasard, et dont seule l’approche statistique à grande échelle peut nous donner une image d’homogénéité. C’est une véritable compétition pour les ressources extérieures qui structurerait les populations cellulaires, et non le programme génétique, comme les écosystèmes se structurent autour des chaînes alimentaires.

L’idée est que nul Dieu, nulle finalité, nulle forme préétablie ne guide le processus de réplication, sélection, amplification. Celui-ci se fait au hasard, et ne réussit qu’aux réplicateurs (entité capable de se reproduire à l’identique) capables de trouver des sources de nutriments plus abondantes ou nouvelles, par rapport à ce que trouvent leurs concurrents. Ce processus est appelé « hasard-sélection ».
Les cellules vont là où elles sont le mieux à mêmes de trouver des sources de nourriture, provenant de l’extérieur ou provenant de l’activité des autres cellules composant le biotope. Jean-Jacques Kupiec et Pierre Sonigo – « Ni Dieu ni Gène »

L’individu humain ou l’espèce humaine, comme tous les êtres vivants d’ailleurs, ne sont que des assemblées de cellules momentanément unies par des intérêts égoïstes.

Il n’y a finalement pas de véritables différences, sur le plan des mécanismes reproductifs et de sélection, entre une forêt, un homme, un virus et une protéine.

Heureusement chez l’Homme civilisé s’établit une rupture dans le processus de lutte pour la survie, fondée sur l’élimination des faibles : « Nous autres hommes civilisés, au contraire, faisons tout notre possible pour mettre un frein au processus de l’élimination ; nous construisons des asiles pour les idiots, les estropiés et les malades ; nous instituons des lois sur les pauvres ; et nos médecins déploient toute leur habileté pour conserver la vie de chacun jusqu’au dernier moment. Il y a tout lieu de croire que la vaccination a préservé des milliers d’individus qui, à cause d’une faible constitution, auraient autrefois succombé à la variole. Ainsi, les membres faibles des sociétés civilisées propagent leur nature. » C.Darwin.

Darwin conclut alors par l’hypothèse d’une forme d’extraction de la nature humaine de la loi de la sélection naturelle, sans pourtant contrevenir à son principe originel, à travers le processus de civilisation, fondé sur l’éducation, la raison, la religion et la loi morale.

Qu’est ce qu’une classe, maintenant ? C’est un ensemble d’êtres ou d’objets réunis en raison des traits qui leur sont communs.

Une classe sociale est donc un sous ensemble de la société fondée sur des considérations d’ordre économique ou culturel et tendant à grouper les individus selon leur profession, leur niveau de vie, leurs intérêts communs, leur idéologie.

La lutte des classes n’est rien d’autre que ce processus, des enjeux et des tensions dans une société (divisée en classes sociales), chacune luttant pour sa situation sociale et économique à travers l’accès aux ressources (l’argent étant dans les sociétés modernes « La ressource », permettant l’accès aux ressources nécessaires pour vivre). Elle s’inscrit dans ce mouvement du darwinisme étendu (généralisation de la théorie de l’évolution qui s’observe dans des domaines aussi variés que ceux de l’intelligence artificielle, des neurosciences, de la systémique, la psychologie, ou la sociologie).

Car c’est un fait établi, il existe bien entre les organismes vivants une lutte pour la vie, une lutte pour la nourriture, l’espace, la lumière, etc… bref une lutte pour les ressources.

Et quoi qu’en disent certains, l’individu moderne n’y échappe pas, car ceci est inscrit dans le principe même de la vie.

Et nier l’existence même de cette lutte des classes à l’œuvre dans toute société, n’est pas anodin ! Ça signifie au minimum, que l’on considère les syndicats totalement inutiles (cocasse pour un ministre socialiste !). Un syndicat n’est autre qu’un groupement de personnes physiques ou morales ayant pour but d’« assurer la défense des intérêts matériels et moraux de ses membres ». Pas de lutte des classes, pas de conflit pour l’accès aux ressources entre les différents groupes composants la société, donc pas besoin de syndicats ! Tout le monde est satisfait de sa situation, et plus particulièrement les plus pauvres qui ne désirent pas changer de statut, ni pour eux, ni pour leur descendance ! Waldeck-Rousseau doit se retourner dans sa tombe !

Nier la lutte des classes signifie également  une conception de la société proche de celle de l’ancienne noblesse endogame et héréditaire (ou système des castes en Inde) où chacun se résigne à sa condition de naissance et où les plus mal lotis ne luttent pas pour s’en extraire (là encore, drôlement cocasse pour un ministre socialiste !).

Et bien non, Monsieur le ministre « socialiste », la lutte des classes existe et existera toujours et la grandeur et la noblesse de la Politique, n’est certainement pas de le nier, mais de lutter pour plus d’égalité et de justice sociale entre les hommes et les femmes ! Sinon, comment lutter contre quelque chose dont on pense que ça n’existe même pas ! Pauvre PS….

Ni égalitarisme, ni méritocratie !

D’un point de vue anthropologique, nos atouts et nos dons, comme nos faiblesses et nos handicaps, ne sont pas seulement naturels mais socialement induits.       [ Ceci est vrai pour tous processus vivants et est lié à la plasticité des gènes : l’expression des gènes est directement soumise à l’environnement, un même gène soumis à 2 environnements différents ne s’exprimera pas de la même façon (ce qui explique en faisant un raccourci que 2 jumeaux homozygotes ne se ressemblent pas à 100% (physiquement et psychologiquement) car ils n’ont pas un vécu strictement identique).]

Nous devons accepter et assumer ça pour sortir de l’égalitarisme absolu.

Il en va de même pour la méritocratie. Le mérite n’est pas qu’un attribut personnel, il dépend et résulte de circonstances sociales souvent invisibles. En effet, l’échec est aussi dépendant de la demande sociale. Certains talents ne sont pas valorisés, tout simplement car il n’y a pas de demande pour eux à ce moment là.

La droite ne voyant souvent que par la méritocratie et la gauche que par l’égalitarisme, sont trop simplistes.

Et je pense qu’il est très dangereux de simplifier, et de ne toujours raisonner, surtout en occident, qu’en terme manichéen, et/ou selon le principe de causalité linéaire. Pour bien comprendre le monde moderne et surtout, but essentiel de la Politique, pour bien agir dans l’intérêt général, il est essentiel de raisonner en terme de complexité, de dialogique, de récursivité et de causalité circulaire (Ed. Morin).

Quand sortirons nous de cette dualité simplificatrice, pour affronter la complexité du réel et fonder une Politique moderne, faite d’une pluralité des pouvoirs et des contre pouvoirs, garantissant à la fois les libertés individuelles et la justice sociale, la lutte contre les inégalités et l’épanouïssement de chacun ? « C’est de la pluralité que resultera la bonne décision » Montesquieu.

Le bien être de chacun dépend du développement de tous. L’utopie de « la main invisible du marché » n’aboutit qu’à la progression des inégalités par le biais de la course effrénée à la réussite, en laissant de côté et en éliminant les plus faibles (Darwinisme social). Voulons nous vraiment un tel modèle de société ? Moi, non ! Nous devons résister à cette ultralibéralisation de la société qui est partout à l’oeuvre et militer pour une social-écologie rassemblant des hommes et des femmes libérés des vieilles idéologies et soucieux du seul développement humain, avec une économie au service de l’épanouissement de l’homme dans toutes ses dimensions. Une économie totalement subordonnées à La Politique au seul service d’une progression du bien être de tous et non pas du mieux être de quelques uns. Mieux être sans avoir toujours plus, voila le modèle de société que nous devons bâtir, mais pour ça, nous devons sortir de la société de consommation au seul service de l’économie financière et spéculative. Nous devons raisonner en termes d’économie sociale et solidaire, la seule durable, qui prenne en compte les ressources naturelles, le capital humain et social, comme un patrimoine commun inaliénable ! 

Ne nous laissons pas enfermer dans des concepts de pensée unique. Nous devons repenser toute l’organisation de la société autour du social et de l’environnement, sur des critères qualitatifs, et non plus autour de la seule économie avec des seuls critères quantitatifs (comme l’augmentation du PIB).

Cf : https://alainsilvestre.wordpress.com/2012/06/21/largent-doit-redevenir-un-bien-public/

 

“Nul n’arrête une idée dont le temps est venu” Victor Hugo